Nos sols, aterla
(vers an lèr, an lèr à Lefranc de Pompignan)
Que chantent les nonnes en bigoudis ?
Le chef-lieu bétonne, -foutor - à crédit !
Qu’on soit au paradis des beauceronnes
aux confins des campagnes mongoles :
les chef-lieux bétonnent, je vous le dis.
Que les métreurs de sortie me sermonnent
leurs secrets dans l’alcool seront dits !
Avouables ? -au fond des ravines -
Les chef-lieux bétonnent, lundi, mardi, jeudi.
Que les vendeurs de portions qui rapportent
et les défiscaliseurs amants des Dom-Tom
me tancent de les sortir ainsi, dru, du lit :
Les chef-lieux bétonnent, je vous le dis.
Qu’on soit en Navarre ou en Camprodon
en rossignols du Roussillou, en Pics-du-midi,
attaché à son mas, son casotte, sa tour du guet,
Les chef-lieux nous goudronnent la vie.
Prince,
il te reste au moins ce grand coeur métronome,
amoureux des rythmes, des corps, des coups-de-vie,
tes châteaux de bohême ne valent pas une S.C.I.,
grouille-toi, le ciment si noble attend à la tonne,
sinon tu l’auras par dessus tes Bois-de-Pommes,
et ça te dominera, petit, te laissant en sursis :
Les chef-lieux bétonnent, c’est écrit !