Nuire N°2

La revue Nuire est la revue de biennale de poésie visuelle d’Ille sur Tet Catalogne nord France.

Samedi 5 août 2017, par André Robèr // NUIRE REVUE

Directeur de publication André Robèr
Secrétaire de Rédaction Daniel Van de Velde
ISSN 2270-2695 ISBN du N° 1 979-1-914355-44-4 prix 20€
La revue n’est pas diffusé elle se commande chez votre libraire
Editions K’A 2 rue Julien Panchot 66130 Ille sur Tet France

Le N°2 de nuire catalogue de la 3eme biennale de poésie visuelle d’Ille sur Tet es arrivé. Chaud Chaud il est.

Décryptage
Disponibilité poétique et citoyenneté planétaire
Trois lieux, quatre dates, trois façons de faire résonner la poésie visuelle.
Il s’agit pour nous lors de cette biennale internationale de poésie visuelle, adoubée d’une double exposition autour de la figure de Joan Brossa, de maintenir encore et toujours possible, ouverte et indispensable cette forme poétique fixée temporairement au mur dans le cadre d’une exposition collective. De faire résonner l’ensemble des œuvres que nous recevons du monde entier de manière interactive. En dialogue les unes avec les autres. Au travers d’une scénographie qui ne préjuge pas de la qualité des œuvres, mais de la capacité qu’aura le visiteur d’affûter son sens critique et esthétique à la seule vue des poèmes exposés. Un cheminement graduel.
La poésie visuelle reste intrinsèquement transnationale. Issue de différents courants, de différentes traditions, elle incarne la métamorphose possible de toutes les formes de langages en cours et à venir pour initier une citoyenneté planétaire et être en même temps un contrepoids à la valeur marchande et médiatique des images ordinairement proposées. Ladite citoyenneté ne sous-tend pas un langage formaté. La poésie visuelle aujourd’hui s’ouvre à la totalité des signes et images qui existent sur terre. Elle n’est pas réductible à la seule notion de communication. Le poème, quelle que soit sa forme, a à voir avec l’indicible et l’invisible à partir de quoi il formule qu’une communauté est envisageable ou pas. L’invisible rend le visible possible. La poésie, quand à elle, rend l’indicible disponible.
Cette année en complément de la biennale, deux expositions autour de la figure de Joan Brossa. Il nous a semblé pertinent de rendre hommage à ce poète catalan, mort en 1998. Joan Brossa chemina sereinement à travers les avant-gardes du début du siècle dernier pour mettre en place un dispositif poétique protéiforme et aisément identifiable. Ses poèmes-objets notamment qui, loin d’échafauder une énième stratégie genre ready-made, portent la notion de poème hors de la trajectoire ordinaire et sémantique des langues. La valeur d’usage d’un objet, sa fonction, supplante celle du langage pour d’évidentes raisons politiques. Barcelonais, catalan de cœur et de raison, il vécut longtemps sous le joug de la dictature franquiste qui confisqua entre autre, à un grand nombre de personnes, le droit de s’exprimer dans leur propre langue. Le poème-objet, chez Joan Brossa, a cette fonction de maintenir ouverte et indispensable la poésie sans rendre celle-ci tributaire d’une langue. Une retenue émancipatrice. Même s’il continua toute sa vie d’écrire des poèmes et non des moindres. A preuve le remarquable recueil « Poèmes civils » édité en France par Urdla dans une traduction de Thierry Defize.

Nos plus vifs remerciements vont à Gloria Bordons de la fondation Joan Brossa à Barcelone, Roger et Brigitte Coste de la librairie Torcatis à Perpignan, Marc Audí, Alin Anseeuw, Céline Ombrabella et toute l’équipe de la médiathèque de Perpignan et Julien Blaine.

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